TYR
Moi aux main liquides,
qui se pose un instant dans la paix de l'oublie.
Moi cette reine de Phénicie que le temps a déshabillée,
et qui marche pieds nus dans l'eau jusqu'aux genoux.
Ainsi glisse en phrases de pourpre,
une histoire bruyante, de mort, de temps, d'amour;
un livre de soleil,
têtu comme l'odeur d'un matin de Carthage.
Une histoire de vaisseaux qui émigrent encore,
et déchire au passage un morceau de nuit ronde.
Moi Tyr aux mille grains de mer,
que la mer debout reçoit sur sa terrasse,
lorsque trébuche l'univers.
Moi Tyr souffle encore un orage de pierres.