SAIDA
Sidon l'ensoleillée a planté d'ombre ses fenêtres,
pareilles aux îles du matin.
Ses créneaux coupent en deux la nuit.
Ainsi la mémoire n'a plus d'ailes,
une épave de lune dérive dans ses yeux.
Etrangère Sidon parfumée comme un rite,
à cause de la mer tu es péripétie?
Tu t'en vas simple comme l'hiver,
sur ton dos des traces de terre,
des traces d'encre et de murailles,
des traces d'hommes et de batailles.
Sauvages furent tes tendresses,
ta voix remplie des coquillages.
Un moment, quelque part,
précieuse comme un vieil ivoire,
s'obstine l'ombre des Templiers.
Et parfois dans les plis du vent,
l'haleine épaisse des orangers.