BYBLOS
Tranquille comme un juste
ancienne comme la vérité,
Byblos ô mon amour à la couleur ambré,
des choses que le vent ranime de mémoire en mémoire,
tel un feu domestique lorsque le soir descend.
Et sur le port,
debout contre la mer écartelée
le premier des soleils
évite encore une fois l'écueil de l'horizon,
pour renaître demain vieille comme la terre.
Byblos ô mon amour s'habille de poussière.
Mais quand la nuit éclaire tous les chemins du temps,
on voit au fonds de l'eau,
la dure transparence des mondes qui se cognent.
Byblos ô mon amour a le silence pour haleine.
Ecoute,
c'est le bruit-pleine des vaisseaux qui ramènent,
un peu de sable, un océan,
un équateur, un occident.
J'entends brûler midi,
et dans nos yeux soudain plus grands,
l'écriture a jailli,
Byblos ô mon amour,
n'est que le coeur du temps.