BALAMAND
Les Gens du Seigneur habitent un grand livre,
aux pages de pierre aux lettres de cuivre.
Le nom est croisé, l'histoire byzantine,
le ciel par-dessus est bleu de glycine.
Les Gens du Seigneur lisent dans le vent ,
tous les Ecrits Saints et le Testament.
Un Archimandrite mastique un Credo,
l'étoile qui brûle est un ex-voto.
Un oeil de comète quelquefois embrase
l e Pacréator dans l'Iconostase.
C'est à Balamand qu'on retrouve encore,
une odeur d'Antioche et de sycomore,
de foule impériale et du Chrysostome,
de Constantinople aux toits polychromes.
Un séminariste court sous le préau,
son ombre sautille comme un gros moineau.
Le couvent hiverne dans ses litanies,
et le Père Georges a des yeux d'hosties.

Les Gens du Seigneur parlent l'orthodoxe,
parlent des solstices et des équinoxes.
Et quand la montagne tout autour s'envole,
les Gens du Seigneur servent de boussole.