Cours d'initiation à la didactique du Français Langue Etrangère en contexte syrien

   

L’enseignant en classe de langue : (suite)

  • Respecter la syntaxe de la communication orale et écrite,

Il faut savoir que le style écrit n’est pas du tout apprécié par l’oreille, donc l’enseignant ne doit jamais expliquer comme s’il lisait un passage d’un livre. Le style écrit est très différent du style oral qui est plus humain et plus difficile pour certains.

On doit savoir à quel sens on s’adresse et s’adapter en conséquence. Dans la communication orale il vaut mieux utiliser des phrases courtes, simples et indépendantes et éviter les phrases avec conjonction et avec pronom relatif qui sont plutôt du domaine de la communication écrite.

Le négatif retarde la compréhension et la mémorisation. Le recours à des mots très spécialisés ou de style soutenu peut être un mauvais choix surtout si le niveau des étudiants n’y correspond pas.

Vous trouvez dans les différentes unités de ce cours des conseils qui vous permettront d’être plus efficace dans les compétences écrites et orales.

 

    • Gérer son regard, sa voix et sa posture,

L’enseignant peut se sentir gêné face à ses apprenants, comme un acteur de théâtre qui se trouve devant une salle comble. Il doit avoir des réactions pour ne pas transmettre cette gêne aux étudiants et pouvoir mieux accomplir son rôle de diffuseur de savoir.

Pour commencer, le fait d’éviter de regarder les apprenants, qui est assez répandu, est une très mauvaise initiative car cela leur donne l’idée que l’on a peur de lire dans leurs yeux le reflet de notre malaise. Il faut les regarder en face sans pour autant être agressif. Il est très important de conserver un contact visuel tout en promenant notre regard d’un apprenant à l’autre dans la classe.

Il faut aussi apprendre à gérer sa voix car le tremblement trahit notre malaise et le ton trop élevé cause des maux de têtes aux apprenants. Si on sent que notre voix vacille, il vaut mieux prendre une halte et boire un verre d’eau, car cela ne sert à rien de continuer. On se fatigue et on ne réussit pas à se faire comprendre. Le formateur peut au début essayer de poser sa voix dans le grave pour se donner confiance et ralentir le débit tranquillement. Il faut surtout avoir l’air naturel dans sa façon de s’exprimer surtout avec un public adulte.

Il est aussi avantageux d’introduire des bulles de silence entre les morceaux de phrases. Cela permet d’avoir le temps de réfléchir à ce que l’on va dire, donne le temps aux apprenants d’assimiler et de mémoriser et attire leur attention car ils veulent savoir ce qui va suivre.

Une mauvaise posture cause le tract par l’asphyxie des poumons qui engendre le stress, l’accélération du cœur et l’émotion de gêne ou de honte. Il est donc important d’adopter une bonne posture qui permette une bonne ventilation. Il est aussi important de changer de posture tout au long du cours selon la compétence que l’on travaille. On peut s’asseoir pour lire un article, alors qu’il vaut mieux être debout pour lire un poème afin d’exprimer mieux les émotions.

Il faut donc que l’énergie du corps soit concentrée dans ce que nous faisons et l’expérience nous permet de bien choisir la bonne posture, le bon timbre et le bon regard.