Connaître son public cible :(suite)
Il faut aussi savoir que le fait que le public soit captif ou attentif
ne veut pas dire que tout soit résolu. Au contraire cela demande
encore plus de l’enseignant afin de sauvegarder cette confiance
et cette motivation. Nous en parlerons plus tard.
Dernier point que l’enseignant doit prendre en compte dans
son cours de langue, c’est l’arrière plan culturel
des apprenants. Le terme culturel est utilisé ici dans
son le sens des comportements et modes de pensées hérités
de la société dans laquelle on vit.
Il est vrai que l’on
ne peut pas considérer tous les apprenants comme ayant un arrière
plan commun mais de façon générale on peut remarquer
que la plupart des étudiants ont un préjugé assez
fort sur la relation enseignant -enseigné et sur leur représentation
de l’apprentissage d’une langue.
Nous remarquons que la plupart se soumettent à l’enseignant
sans pour autant faire totalement confiance à sa méthode
et à sa méthodologie. Dès que la parole leur est
donnée ils critiquent facilement les nouveaux outils. La
nostalgie de l’école est très présente et les apprenants
sont toujours pressés d’apprendre la langue. La participation
est rare et le recours à la langue maternelle pour comprendre
la grammaire et les textes est fréquent.
On remarque que nos apprenants n’arrêtent pas d’écrire
sur leurs textes les traductions de presque tous les mots. D’un
autre côté les apprenants se sentent plus à l’aise
avec l’écrit qu’avec l’oral. Ils préfèrent
lire les jeux de rôle ce qui enlève tout l’intérêt
pédagogique de ces activités.
L’enseignant doit identifier ces spécialités
culturelles et ne pas essayer de les écraser mais pousser les
apprenants à dépasser leurs préjugés et
a priori. Les apprenants doivent avoir une attitude de participation
au cours qui peut être encouragée si elle n’entrave
pas l’avancée du groupe. Certains mouvements spontanés
de participation doivent être contrôlés par le professeur,
car un cours de langue doit rester un cours et ne pas devenir une discussion
de café. Certaines habitudes de civisme seront intégrées
au début du cours comme le lever de main, la demande de parole…etc,
selon l’appréciation du formateur.
Il peut graduellement par des questions ciblées introduire
un certain degré d’initiative, c’est à dire,
programmer l’initiative des apprenants pour en faire une habitude.