Cours d'initiation à la didactique du Français Langue Etrangère en contexte syrien

   

 

Connaître son public cible :(suite)

Il faut aussi savoir que le fait que le public soit captif ou attentif ne veut pas dire que tout soit résolu. Au contraire cela demande encore plus de l’enseignant afin de sauvegarder cette confiance et cette motivation. Nous en parlerons plus tard.

Dernier point que l’enseignant doit prendre en compte dans son cours de langue, c’est l’arrière plan culturel des apprenants. Le terme culturel est utilisé ici dans son le sens des comportements et modes de pensées hérités de la société dans laquelle on vit.

Il est vrai que l’on ne peut pas considérer tous les apprenants comme ayant un arrière plan commun mais de façon générale on peut remarquer que la plupart des étudiants ont un préjugé assez fort sur la relation enseignant -enseigné et sur leur représentation de l’apprentissage d’une langue.

Nous remarquons que la plupart se soumettent à l’enseignant sans pour autant faire totalement confiance à sa méthode et à sa méthodologie. Dès que la parole leur est donnée ils critiquent facilement les nouveaux outils. La nostalgie de l’école est très présente et les apprenants sont toujours pressés d’apprendre la langue. La participation est rare et le recours à la langue maternelle pour comprendre la grammaire et les textes est fréquent.

On remarque que nos apprenants n’arrêtent pas d’écrire sur leurs textes les traductions de presque tous les mots. D’un autre côté les apprenants se sentent plus à l’aise avec l’écrit qu’avec l’oral. Ils préfèrent lire les jeux de rôle ce qui enlève tout l’intérêt pédagogique de ces activités.

L’enseignant doit identifier ces spécialités culturelles et ne pas essayer de les écraser mais pousser les apprenants à dépasser leurs préjugés et a priori. Les apprenants doivent avoir une attitude de participation au cours qui peut être encouragée si elle n’entrave pas l’avancée du groupe. Certains mouvements spontanés de participation doivent être contrôlés par le professeur, car un cours de langue doit rester un cours et ne pas devenir une discussion de café. Certaines habitudes de civisme seront intégrées au début du cours comme le lever de main, la demande de parole…etc, selon l’appréciation du formateur.

Il peut graduellement par des questions ciblées introduire un certain degré d’initiative, c’est à dire, programmer l’initiative des apprenants pour en faire une habitude.