8- L’approche
actionnelle
Après l’approche communicative des années
80, nous sommes maintenant, depuis le milieu des années 90,
dans une nouvelle approche pédagogique appelée "approche
actionnelle".
Celle-ci propose de mettre l’accent sur les tâches à réaliser à l’intérieur
d’un projet global. L’action doit susciter l’interaction
qui stimule le développement des compétences réceptives
et interactives.
La perspective privilégiée est de type actionnel en
ce qu’elle considère avant tout l’usager et l’apprenant
d’une langue comme des acteurs sociaux ayant à accomplir
des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans
des circonstances et un environnement donnés, à l’intérieur
d’un domaine d’action particulier.
Si les actes de parole se réalisent dans des activités
langagières, celles-ci s’inscrivent elles-mêmes à l’intérieur
d’actions en contexte social qui seules leur donnent leur pleine
signification. Il y a « tâche » dans la mesure où l’action
est le fait d’un (ou de plusieurs) sujet(s) qui y mobilise(nt)
stratégiquement les compétences dont il(s) dispose(nt)
en vue de parvenir à un résultat déterminé.
La perspective actionnelle prend donc aussi en compte les ressources
cognitives, affectives, volitives et l’ensemble des capacités
que possède et met en œuvre l’acteur social.
L’usage d’une langue, y compris son apprentissage, comprend
les actions accomplies par des gens qui, comme individus et comme acteurs
sociaux, développent un ensemble de compétences
générales et, notamment une compétence à communiquer
langagièrement. Ils mettent en œuvre les compétences
dont ils disposent dans des contextes et des conditions variés
et en se pliant à différentes contraintes afin
de réaliser des activités langagières permettant
de traiter (en réception et en production) des textes portant
sur des thèmes à l’intérieur de domaines particuliers,
en mobilisant les stratégies qui paraissent
le mieux convenir à l’accomplissement des tâches à effectuer.
Le contrôle de ces activités par les interlocuteurs conduit
au renforcement ou à la modification des compétences.
Est définie comme tâche toute visée
actionnelle que l’acteur se représente comme devant parvenir à un
résultat donné en fonction d’un problème à résoudre,
d’une obligation à remplir, d’un but qu’on
s’est fixé. Il peut s’agir tout aussi bien, suivant
cette définition, de déplacer une armoire, d’écrire
un livre, d’emporter la décision dans la négociation
d’un contrat, de faire une partie de cartes, de commander un
repas dans un restaurant, de traduire un texte en langue étrangère
ou de préparer en groupe un journal de classe.
Les compétences générales individuelles du sujet
apprenant ou communiquant reposent notamment sur les savoirs, savoir-faire et savoir-être qu’il
possède, ainsi que sur ses savoir-apprendre.
