3- La méthodologie de « la méthode directe »
A partir des années 1870, une interminable polémique
va opposer les traditionalistes aux partisans de la réforme
directe jusqu’en 1902, date à laquelle
des instructions officielles imposeront d’une manière
autoritaire l’utilisation de la méthodologie directe dans
l’enseignement national, ce que C. Puren nomme “le coup
d’état pédagogique de 1902”. Elle est considérée
historiquement comme la première méthodologie spécifique à l’enseignement
des langues vivantes étrangères. Elle est le fruit de
la cohabitation des méthodes précédemment citées.
On appelle méthodologie directe la méthode utilisée
vers la fin du 19 ème siècle et le début du 20 ème
siècle.
Dès la fin du 19 ème siècle la France désirait
s’ouvrir sur l’étranger. La société ne
voulait plus d’une langue exclusivement littéraire, elle
avait besoin d’un outil de communication qui puisse favoriser
le développement des échanges économiques, politiques,
culturels et touristiques qui s’accélérait à cette époque.
L’évolution des besoins d’apprentissage des langues
vivantes étrangères a provoqué l’apparition
d’un nouvel objectif appelé “pratique” qui
visait une maîtrise effective de la langue comme instrument de
communication.
La méthodologie directe constituait une approche naturelle
de l’apprentissage d’une langue étrangère
fondée sur l’observation de l’acquisition de la
langue maternelle par l’enfant.
Les principes fondamentaux qui la définissent sont :
- L’enseignement des mots étrangers sans passer par
l’intermédiaire de leurs équivalents en langue
maternelle. Le professeur explique le vocabulaire à l’aide
d’objets ou d’images, mais ne traduit jamais. L’objectif
est que l’apprenant pense en langue étrangère
le plus tôt possible.
- L’utilisation de la langue orale sans passer par l’intermédiaire
de sa forme écrite. On accorde une importance particulière à la
prononciation et on considère la langue écrite comme
une langue orale “scripturée”.
- L’enseignement de la grammaire étrangère se
fait d’une manière inductive (les règles ne s’étudient
pas d’une manière explicite). On privilégie les
exercices de conversation et les questions-réponses dirigées
par l’enseignant.
La méthodologie directe se base sur l’utilisation de
plusieurs méthodes : méthode directe, active
et orale.
Par méthode directe on désignait l’ensemble des
procédés et des techniques permettant d’éviter
le recours à l’intermédiaire de la langue maternelle
dans l’apprentissage, ce qui a constitué un bouleversement
dans l’enseignement des langues étrangères.
Cependant l’opinion des méthodologues directs sur l’utilisation
de la langue maternelle divergeait : certains étaient partisans
d’une interdiction totale, tandis que la plupart étaient
conscients qu’une telle intransigeance serait néfaste
et préféraient une utilisation plus souple de la méthode
directe.
Par méthode orale on désignait l’ensemble des
procédés et des techniques visant à la pratique
orale de la langue en classe. Les productions orales des élèves
en classe constituaient une réaction aux questions du professeur
afin de préparer la pratique orale. L’objectif de la méthode
orale était donc pratique.
Le passage à l’écrit restait au second plan et était
conçu comme le moyen de fixer par l’écriture ce
que l’élève savait déjà employer
oralement, c’est ce que certains ont nommé un "oral
scripturé". La progression vers la rédaction libre
passait par la dictée, puis par des reproductions de récits
lus en classe et enfin par des exercices de composition libre.
