Cours d'initiation à la didactique du Français Langue Etrangère en contexte syrien

   

 

 

 

 

 

 

1. Définition et objectifs de l’expression écrite en approche communicative

L’expression est un moyen d’action mis en œuvre par un émetteur sur un destinataire, le premier voulant produire un effet sur le second grâce à la langue. S’exprimer à l’écrit ne revient pas à écrire, mais à écrire pour. C’est la raison pour laquelle vous devez en tant qu’enseignant de français langue étrangère garder à l’esprit que les activités d’expression proposées aux apprenants doivent se trouver dans une situation de communication précise : définition du destinataire, de la fonction de la communication, du moyen de cette communication et des circonstances spatio-temporelles, sélectionnés de telle sorte que l’apprenant soit amené à utiliser ce qu’il aura appris antérieurement. Nous devons former nos apprenants à la production de tout type de texte authentique en français, qui pourraient exister tels quels dans la réalité sociale.

S’exprimer , c’est chercher à combler un manque, chez le destinataire (à qui l’on donne une information) ou chez l’émetteur (qui demande une information). Le destinataire ne connaît pas le contenu du message qu’il va recevoir. Il a certes la possibilité de le prévoir, d’anticiper, avec une plus ou moins grande précision, mais il demeure une part essentielle de découverte. Si l’on veut placer l’apprenant dans une situation de communication authentique, il conviendra de préserver cet enjeu de la communication : le déficit d’information.

Donc, l’authenticité est à rechercher en expression écrite, par la mise en situation de la production. La simulation est ici nécessaire. Que vérifiez dans une consigne ainsi formulée : Racontez vos vacances ? La communication se situe dans un cadre uniquement scolaire, puisque l’apprenant raconte une historie, dans une copie destinée à son professeur, pour obtenir une bonne note. Situation de communication que l’élève ne rencontrera jamais hors de l’école, et dépourvue de tout objectif pratique donc. Il conviendrait de reformuler la consigne, de la façon suivante par exemple : Vous écrivez une lettre à un ami pour lui racontez ce que vous avez fait pendant vos dernières vacances d’été.

C’est donc par la mise en situation authentique que l’expression écrite pourra remplir son but : mettre l’apprenant dans une situation de communication déterminée à laquelle il devra approprier son discours, conformément aux contraintes linguistiques, discursives et socio-culturelles qu’elle contient. On comprend dès lors que l’expression, située dans un contexte situationnel, ne peut être confondue avec la capacité à produire une phrase correcte dans un exercice de grammaire.

Nous notons une différence importante entre la communication orale et la communication écrite : celle-ci est différée, c’est-à-dire qu’expression et compréhension ne sont pas simultanées à l’écrit. La difficulté à l’écrit pour les apprenants sera d’adapter leur discours étant donné qu’on ne s’exprime pas de la même manière à l’écrit et à l’oral.

Au fur et à mesure de l’apprentissage la longueur et la complexité des productions de vos apprenants progressera selon un ordre croissant. Dès la première production, il faut insister sur la structuration et la cohérence des textes. (Reportez-vous à l’unité cohérence textuelle).

 

Il est important de demander des productions correspondant à des besoins pratiques de la vie quotidienne. C’est pourquoi la forme épistolaire est l’une des premières introduites en production écrite.

Attention, l’expression écrite ne peut être une activité gratuite, sans aucun sens ni but. La correction des erreurs n’est pas l’objectif des activités d’expression écrite. Hors de nos salles de l’institut des langues ou du département de français d’Alep, lorsque nos étudiants écrivent, c’est parce qu’ils ont une information à communiquer à quelqu’un, non pour qu’une personne tierce puisse corriger leurs erreurs.