3.
Evaluer la production écrite
La production écrite est omniprésente en évaluation,
voire surreprésentée, et c’est également
le cas dans le système scolaire syrien. On attache beaucoup
d’importance à l’acquisition d’une orthographe
parfaite quand on est enseignant syrien de FLE.
Il faut rappeler que la langue française à la différence
de bien d’autres langues romanes a un code orthographique écrit,
qui reste figé par la pratique scolaire de la langue, et qui
n’a pas beaucoup évolué contrairement à la
langue orale. Même pour les locuteurs natifs, le code orthographique
nécessite un long apprentissage. Il est important de ne pas
attacher trop d’importance à ces questions d’orthographe
quand on est enseignant de langue, en tout cas, de ne pas trop sanctionner
ce type de fautes, car bien d’autres critères en production écrite
doivent être pris en compte lors d’une évaluation,
avant l’orthographe lexicale ou grammaticale.
La production écrite est une compétence difficile pour
l’apprenant syrien, d’autant qu’il a dû déjà se
familiariser avec un alphabet écrit qui n’est guère
son référent premier.
Il est primordial d’envisager les six niveaux en production écrite
(issus du cadre commun de référence), et de se rendre
compte de ce que l’on est en droit d’attendre des apprenants,
afin de leur proposer des exercices de production adéquats.
Niveaux |
Production écrite |
C2 |
L’apprenant de niveau
C2 peut écrire des textes élaborés,
limpides et fluides, exempts de calques de la langue maternelle,
dans un style approprié et efficace, avec une structure
logique qui aide le destinataire à remarquer les points
importants. |
C1 |
L’apprenant de niveau
C1 peut écrire des textes bien structurés
sur des sujets complexes, en soulignant les points pertinents
les plus saillants et en confirmant un point de vue de manière élaborée,
par l’intégration d’arguments secondaires,
de justifications et d’exemples pertinents pour parvenir à une
conclusion appropriée. |
B2 |
L’apprenant de niveau
B2 peut écrire des textes clairs et détaillés
sur une gamme étendue de sujets relatifs à son
domaine d’intérêt en faisant la synthèse
et l’évaluation d’informations et d’arguments
empruntés à des sources diverses. |
B1 |
L’apprenant de niveau
B1 peut écrire des textes articulés
simplement sur une gamme de sujets variés dans son domaine
en liant une série d’éléments discrets
en une séquence linéaire. |
A2 |
L’apprenant de niveau
A2 peut écrire une série d’expressions
et de phrases simples reliées par des connecteurs simples
tels que « et », « mais »,
et « parce que » |
A1 |
L’apprenant de niveau
A1 peut écrire des expressions et phrases simples
isolées. |
L’intérêt de se reporter ainsi à ce tableau
est de comprendre qu’en tant qu’évaluateur, on ne
se réfère pas à une norme absolue qui serait l’écrit
idéal sans faute, mais à une norme qui prend en compte
les stages de l’apprentissage.
Il est donc important de construire vos grilles d’évaluation
de production écrite en fonction de ce que vous êtes en
droit d’attendre d’un apprenant ayant 60 heures de français
(niveau A1) ou 160 heures (niveau A2)…
