2.1. Quels documents/supports
choisir pour l’évaluation
de l’écrit ?
Le niveau des apprenants est déterminant lorsqu’il s’agit
de choisir un support de compréhension écrite. Le texte
doit doser convenablement les éléments linguistiques
inconnus et connus.
En règle générale, un lexique doit être
apporté aux apprenants, afin qu’ils ne se heurtent pas à la
difficulté lexicale du texte et qu’il se décourage
dès la lecture.
La réalité française est difficile à appréhender
pour des apprenants syriens de l’université, qui n’auront
sans doute pas la chance de parfaire leur niveau linguistique en France.
Il est donc aussi important de trouver des supports textuels, dont
le contenu socioculturel permet une comparaison avec la réalité locale.
Il est important au fil de leur cursus de formation que les apprenants
voient également différents types de textes, qu’on
leur présente différents contextes, différentes
situations, des thèmes variés, mais il vaut mieux en
début d’apprentissage que les documents écrits
présentent des thèmes et des sujets d’intérêt
qui leur sont communs. Le support en question doit évidemment
retenir leur attention, devenir une source de curiosité et d’information, étant
donné que le jeune étudiant syrien avoue lui-même
un certain désintérêt pour la lecture en général.
De même, certains supports écrits peuvent être
apportés par les apprenants eux-mêmes, afin qu’ils
se sentent au centre de leur apprentissage. L’enseignant pourra
l’utiliser pédagogiquement s’il juge qu’il
peut travailler certains objectifs.
Les documents écrits suivants peuvent être de bons supports
pour évaluer la compréhension :
- Tracts, mode d’emploi, plans, annuaires, formulaires, brèves,
articles de presse, articles de magazines, publicités :
ils serviront à faire du repérage. On pourra dans ce
cas leur faire remplir des tableaux d’après ces documents,
faire localiser un endroit sur un plan, faire repérer des
chiffres, des dates. Ces activités doivent se faire en un
temps limité.
- Les documents comme des articles de presse, des extraits courts
de pages littéraires peuvent aider à l’écrémage.
On peut demander dans ce cas aux apprenants d’identifier le
texte, de localiser les mots clés, d’essayer de comprendre
les idées de chaque paragraphe…
On tendra à éviter les documents trop longs, d’autant
qu’il vaut mieux faire travailler les apprenants sur des supports
variés afin d’éviter l’ennui, et de le stimuler
au contraire dans son apprentissage. Mieux vaut en effet proposer différents
textes courts ou de longueur moyenne à des apprenants de bon
niveau. D’autant que L’introduction d’un document
dans une classe de langue a ceci de particulier que ce document est
en général totalement inattendu pour les élèves,
contrairement à ce qui se passe en situation hors de la classe.
En effet, dans la vie quotidienne, lorsque l’on lit un document,
on sait globalement de quoi il s’agit : le papier que nous tend
le serveur dans un restaurant ne peut être autre chose qu’un
menu, on sait quel type d’information on va lire dans son journal
quotidien, on sait également à quoi s’attendre
en trouvant la lettre d’un ami dans son courrier ou en ouvrant
un roman dans un librairie. Le document écrit apporté par
un enseignant de langue dans une classe peut être quasiment n’importe
quel type de document! ; Il n’est donc pas possible pour l’élève
de faire des hypothèses sur ce qu’il contient.
Comme, nous l’avons signalé, il est primordial de proposer
des exercices d’évaluation de cette compétence
et des documents, en examinant avant tout le niveau des apprenants.
Les élèves qui sont complètement débutants
linguistiquement vont être difficilement évaluables sur
cette compétence. Mais une fois qu’ils ont acquis quelques
rudiments langagiers, on peut très vite évaluer la compréhension écrite.
Si l’on se réfère au Cadre commun de référence
et aux 6 niveaux proposés, on se rend compte que l’on
commence à aborder cette compétence dès les premières
heures d’apprentissage.
