3. La démarche didactique de la compréhension écrite
en classe
Lire et comprendre en langue étrangère ne sont pas
des compétences évidentes à acquérir pour
un apprenant syrien, qui a dû déjà s’habituer à un
autre alphabet que celui de sa langue maternelle, à des habitudes
de lectures différentes.
La démarche que l’on doit employer est la même
avec tous les documents écrits. Nous nous plaçons dans
une situation de classe ordinaire, utilisant la compétence de
compréhension écrite pour faire acquérir un nouvel
objectif.
Dans un premier temps , en tant qu’enseignant,
vous devez distribuer le document écrit à vos apprenants
qui peuvent travailler en petits groupes pour comparer leurs résultats,
et leur poser des questions sur les caractéristiques de ce type
de texte, avant même qu’ils ne le lisent. Ils s’intéresseront à l’entourage
du texte, ce qui aidera à la compréhension globale ensuite.
Vous utiliserez par exemple des questions autour du texte (paratexte)
comme :
- Qu’est-ce qu’il y a autour du texte ?
- D’où est tirée cette page ? d’un
magazine, d’un journal…
- Qu’est-ce qu’il y a à la fin du texte ?
- Qu’est-ce qui se trouve en haut ? un titre, une adresse ….
Dans un second temps , il est important de faire
une lecture silencieuse, en précisant le temps dont les apprenants
disposent. L’objectif étant ici de découvrir le
texte, et d’amener progressivement l’apprenant à accéder
au sens. Vous pouvez leur avoir distribuer un document énumérant
un certain nombre de questions ou de détails à trouver.
Mais il faut que les premières questions suggèrent une
compréhension très globale du document écrit.
En effet, il n’est pas encore temps de rentrer dans les détails.
Ensuite , les apprenants vont émettre des
hypothèses. Vous les y incitez tout en faisant vérifier
chacune des hypothèses par d’autres élèves.
Vous leur posez des questions pour bien vérifier leur compréhension
par un retour au texte, ce qui revient à une lecture orientée
du texte. Il est important qu’ils justifient chacune de leurs
explications, afin qu’ils ne répondent pas au hasard.
Mais quelles sont les caractéristiques de vos questions ?
- Elles ne doivent pas faire appel à une compréhension
linéaire du texte, car ce serait trop simple. En effet, il
ne faut jamais les habituer à trop de facilité.
- Il s’agit de poser des questions constructives. Evitez par
exemple les questions fermées où l’élève
doit juste répondre par oui ou par non. En revanche, si certaines
questions sont de ce type, n’oubliez pas de lui demander de
faire une phrase complète et de se justifier par un retour
au texte.
- De même, faites attention à ne pas formuler les questions
de telle sorte qu’elle donne la réponse.
- Vous devez aussi être en mesure de reformuler vos questions
pour les simplifier. Ce qui vous semble une évidence ne l’est
pas nécessairement pour un apprenant de langue étrangère.
- Aussi, les questions doivent être adaptées au niveau
de vos apprenants.
Ensuite , il est primordial d’attirer l’attention
de l’apprenant sur l’organisation du texte en français,
sachant qu’en arabe, il ne s’agit pas des mêmes codes.
Vous devrez par exemple, notamment pour des apprenants de niveau
débutant et élémentaire, aider les apprenants à repérer
et analyser les différents éléments du texte,
comme les articulateurs, les marqueurs, la ponctuation…
Il faut poser des questions sur ces marqueurs car ils construisent
le sens du texte (voir unité cohérence textuelle)
Faites très attention en effet à ne pas négliger
une explication sur les marqueurs, alors qu’en tant que professeur,
on a tendance à expliquer davantage les mots pleins. Le lexique
n’est pas le plus important dans un texte, même si son
explication est non négligeable. Il faut rappeler que nous ne
demandons pas à un élève de comprendre la totalité du
texte, et de donner la signification de tous les mots. Cette démarche
vise à développer la lecture critique et méthodique.
Alors , il est temps de répondre au questionnaire
ou au tableau à compléter. Avant de passer à une
lecture éventuellement à voix haute, par l’enseignant
et par les apprenants ensuite, ce qui représente un exemple
de lecture expressive pour les élèves. Le professeur
en profite pour corriger après la lecture de l’élève
quelques erreurs phonétiques, ou bien de rythme et d’intonation.