1. Définition et objectifs de la compréhension écrite:
La compréhension de documents écrits est liée à la
lecture. Lire en langue maternelle revient à pratiquer pour
son plaisir ou son travail des techniques de lecture, apprises le plus
souvent à l’école. En FLE, la lecture vise plusieurs
compétences :
- une compétence de base qui vise à saisir l’information
explicite de l’écrit
- une compétence intermédiaire, qui vise à reconstituer
l’organisation explicite du document
- une compétence approfondie, qui vise à découvrir
l’implicite d’un document écrit
L’objectif de la compréhension écrite est donc
d’amener notre apprenant progressivement vers le sens d’un écrit, à comprendre
et à lire différents types de texte. L’objectif
premier de cette compétence n’est donc pas la compréhension
immédiate d’un texte, mais l’apprentissage progressif
de stratégies de lecture dont la maîtrise doit à long
terme, permettre à notre apprenant d’avoir envie de lire
de feuilleter un journal ou de prendre un livre en français.
Les apprenants vont acquérir petit à petit les méthodes
qui leur permettront plus tard de s’adapter et de progresser
dans des situations authentiques de compréhension écrite.
Les séquences de compréhension écrite se déroulent
sous forme d’activités qu’il est important de réaliser
très régulièrement, afin de pousser nos apprenants à acquérir
des réflexes, qui aident à la compréhension.
Notre apprenant syrien, en situation, doit être capable progressivement
de comprendre de qui ou de quoi on parle, de tirer des informations
ponctuelles, mais aussi de retrouver les enchaînements de l’écrit
(causalité, conséquence, enchaînement chronologique…),
de maîtriser les règles principales du code de l’écrit
(les accords, les types de phrase, les formes verbales), et enfin de
dégager le présupposé d’un énoncé,
quand il a acquis une très bonne connaissance de la langue.
Tout comme en compréhension orale, l’élève
découvrira grâce au texte, du lexique, des faits de civilisation,
des éléments de grammaire, de structures, qui vont l’amener à s’enrichir.
Attention, car on connaît bien la réaction de nos élèves
syriens face à un texte nouveau : ouvrir immédiatement
le dictionnaire et procéder systématiquement à la
traduction des mots inconnus. Outre le temps perdu, c’est le
contenu même qui est altéré, l’essentiel
et le secondaire ne pouvant être repérés et classés.
Etouffé par le détail, l’apprenant est désormais
incapable d’avoir une vision globale du texte. D’autre
part, par peur de répondre « faux », il
reste prisonnier des mots du texte, préférant la citation à la
reformulation personnelle.
L’explication de ces difficultés réside essentiellement
dans l’approche linéaire de la compréhension, qui
procède par accumulation de significations, sans perspective
globale.
Ainsi, placé devant un document écrit, l’apprenant
attaque aussitôt sa lecture à la première ligne
du texte et progresse mot à mot, sans mettre en rapport texte
et paratexte, sans chercher préalablement une compréhension
globale du document. Les activités de compréhension dans
la classe de FLE viseront donc à substituer à un comportement
passif une attitude active de découverte, grâce à la
mobilisation de techniques appropriées auxquelles sera formé l’apprenant
et qu’il pourra appliquer ensuite à toute situation de
compréhension, voire transférer à des activités
similaires dans sa langue maternelle.