4.3. Le jeu de rôle
Les jeux de rôle consistent en l’animation de scènes,
réalisées par deux ou trois apprenants, qui vont créer
des personnages plus spontanés, plus fantaisistes, plus caricaturaux
que dans les situations sans canevas prédéterminés,
sans documentation ni préparation particulières autre
que le cours de langue lui-même, et sans consignes autres que
l’indispensable nécessaire pour le point de départ.
Attention, le jeu de rôle n’est pas la récitation
d’un dialogue mémorisé, mais une expression orale
improvisée selon un scénario auquel les apprenants ont
brièvement pensé. Cette absence de texte écrit
présente deux avantages : éviter l’automatisme
de la réplique mécanique et contraindre les apprenants à s’écouter
pour communiquer, en usant des stratégies de compensation nécessaires
en cas d’incompréhension comme : Pardon ?
Vous pouvez répéter, s’il vous plait ? Qu’est-ce
que tu as dit ? Hein ? Comment ? …
Exemple de consignes :
- Ahmad, ouvrier chez Total à Damas, demande une augmentation à son
patron, qui refuse, en lui exposant toutes ses raisons.
- Faten explique à ses parents, qu’elle a décidé de
partir rejoindre son ami à Beyrouth et d’arrêter
ses études. Ses parents lui expriment leur inquiétude.
- Une vieille dame à Aziziyé vous demande son chemin
e vous le lui indiquez.
Pour les jeux de rôle, il est préférable de partir
de situations de la vie courante, problématiques ou pas. Vous
leur exposez brièvement la situation, et vous leur laissez le
temps de réfléchir individuellement une fois que vous
avez distribué ou qu’ils ont choisi les rôles.
Déroulement :
Dès qu’ils sont prêts, les apprenants exécutent
le jeu de rôle. Ils s’arrêtent quand ils veulent,
quand ils estiment être arrivés à une solution, à un
compromis ou une impasse. Soulignons l’importance des applaudissements,
quelle que soit la qualité de la représentation :
ils valorisent l’effort fourni.
Chaque jeu de rôle est suivi d’une discussion au cours
de laquelle le reste de la classe donne son opinion, positive et négative,
sur la façon dont le jeu de rôle s’est déroulé et
propose des variantes de comportements et de réactions qui peuvent
donner lieu à un autre jeu de rôle exécuté par
ceux qui ont proposé des variantes.
Exemples de situation de jeu de rôle :
cette situation a l’avantage d’être pratiquée,
même avec des débutants, et de faire participer davantage
d’apprenants :
Le compartiment de train.
Consigne : vous leur demandez qui veut être
le premier et le second voyageur. Plus tard, vous pouvez leur annoncer
les arrêts dans les gares pour que d’autres voyageurs puissent
monter ou descendre.
Vous pouvez suggérer d’autres rôles à vos
apprenants : celui du contrôleur, du marchand ambulant,
du militaire en permission,d e l’étranger en vacances….
Vous pouvez aussi proposer des situations similaires, comme dans
un ascenseur, dans un commissariat de police, dans la salle d’attente
d’un médecin ou d’un dentiste, dans une file d’attente….
Le but est de prévoir des situations possibles, auxquelles
on pourrait croire facilement, et qu’ils pourraient être
amenés à rencontrer dans la vie courante. Le jeu de rôle
est possible d’ailleurs à tout niveau, et permet, outre
le réemploi de formes déjà vues, de laisser libre
court à la créativité des apprenants et d’instaurer
un autre climat dans la classe.
Les avantages du jeu de rôle sont clairs : en effet, il évite
la passivité en classe, rend la pédagogie active. Il
facilite la mémorisation et l’intégration des structures
et du lexique car il est employé en situation. L’élève
a aussi le sentiment de prendre part à son apprentissage, car
il est encouragé à s’exprimer.
En règle générale, une heure de jeu de rôle
par semaine est suffisante. Cela ne peut pas être une activité très
régulière. Il s’agit avant tout d’une méthode
d’animation pédagogique parmi d’autres.