4.1. Le « je » en
pleine simulation
Prenons le cas de nos apprenants débutants à l’université d’Alep, à l’institut
des langues. L’approche de l’expression orale par le « je » simulé permettra à l’élève
débutant de ne pas s’impliquer dans sa production tout
en réemployant des structures et du lexique qu’il connaît.
Cette activité consiste à rechercher des énoncés
plausibles que peuvent produire des personnages représentés
sur des images fixes, dans une situation de communication précise.
Prenons l’acte de parole « se présenter »,
se trouvant dans tous les manuels de FLE au début de l’apprentissage.
Les illustrations proposent des situation de communication réelles
(à table, lors d’une réunion, d’un cocktail,
dans un train, à l’université…) où les
personnages sont en train de faire connaissance.
On demande à l’apprenant de répondre à des
questions de situation : qui parle ? A qui ? Où ?
Qu’est-ce qu’ils font ? Puis, on lui demande de se
mettre à la place de tel personnage et de créer les énoncés
possibles, en respectant la situation de communication. Ce n’est
donc pas son propre « je », mais le « je » d’un
autre qu’il va utiliser.
La même activité peut être organisée avec
la vidéo, en coupant le son, et les apprenants devront se mettre à la
place des personnages, après avoir analysé la situation
de communication précisément.
Le « je » simulé va permettre à l’apprenant
de s’exprimer, toujours au nom d’un autre, qu’il
a construit de toute pièces.
Dans une simulation, l’apprenant va choisir d’être,
durant quelques minutes, qu’un d’autre. Ceci fait appel
aussi à son imagination, à sa créativité.
De même, ça ne le met pas autant en danger que s’il
s’agissait de lui-même. L’intérêt dans
la simulation, c’est qu’elle rend tout son pouvoir d’expressivité au
corps. En effet, il ne faut pas oublier que l’apprenant va pouvoir
aussi intégrer le non verbal dans ce type de communication comme
dans la vie.