2. La démarche générale à suivre
en expression orale
Les premiers mots dans une langue étrangère sortent
confusément de la bouche des apprenants, et il est aisé de
se remémorer nos premiers essais. Cela se résume souvent à de
sons, auxquels il va associer une signification incertaine. Il ne fait
que répéter des expressions idiomatiques, sans bien délimiter
encore les mots, la structure… N’oublions pas la difficulté des
syriens pour qui certaines voyelles ou consonnes n’existent pas.
Le [ p ], le [ y ], les nasales [ D ] », [ G ], [ B ], sont
des sons inconnus par exemple pour les apprenants arabes.
Progressivement, il va reproduire de mieux en mieux, de mémoire,
les sonorités entendues. Encore plus tard, il va s’intéresser à ce
qui touche au phonème/graphème, c’est-à-dire
au passage de l’oral vers l’écrit, ce qui peut l’aider
dans les deux compétences de production, et notamment dans l’organisation
des phrases. Très vite, on ne sollicitera pour qu’il produise
des énoncés dont le sens devra correspondre à la
situation dans laquelle il est amené à parler.
Au début, on le fera utiliser le « je » simulé et
le « je » authentique dans des situations simples,
puis de plus en plus complexes, pour passer à l’expression
du « vrai je » dans les échanges à l’intérieur
du groupe classe. Petit à petit se développent des savoir-faire
au niveau linguistique (lexical, syntaxique et phonologique…),
au niveau socioculturel et discursif, qui formeront la compétence
d’expression orale.