Cours d'initiation à la didactique du Français Langue Etrangère en contexte syrien

   

 

 

 

3.4. Les difficultés particulières

Chaque langue possède un système de sons, un rythme et une intonation qui lui sont propres. Il existe un lien étroit entre ces traits et les difficultés d’écoute ou d’expression en langue française.

L’apprenant entend et reconnaît des voyelles, des consonnes et des syllabes, il perçoit les unités phonétiques, mais il ne les associe pas à du sens. Il lui manque le comportement linguistique qui permet normalement d’associer des formes sonores, perçues globalement, à des significations connues.

Qu’est-ce que le rythme dans la parole ? C’est le fruit d’un groupement de formes sonores auxquelles on donne une unité qui se manifeste par la mélodie de l’intonation. L’intonation varie avec la syntaxe, avec l’attitude du locuteur par rapport à ce qu’il énonce, avec la situation de communication. L’intonation est très souvent corrélée de silences, de pauses et de variations de la vitesse d’élocution, qui sont des moyens utilisés pour exprimer l’intention.

L’une des spécificités du français réside dans sa façon tout à fait particulière d’associer les mots au sein d’un groupe rythmique dont la taille est très variable, et à utiliser la durée pour marquer la fin du groupe rythmique.

Propositions :

  • Textes modifiés

Il est évident que les mots fréquents, familiers sont plus faciles à comprendre. Pour cette raison et dans le but de faciliter la compréhension des énoncés, les chercheurs ont étudié certaines variables qui pourraient agir sur le niveau de difficulté d’un texte. Les modifications peuvent porter, entre autres, sur le vocabulaire, la syntaxe et les articulateurs.

Ex. répétition de mots, l’existence de certaines marques linguistiques assurant la cohésion des phrases*, ou des indices linguistiques qui aident l’apprenant à inférer le sens du texte qu’il écoute : les préfixes, les suffixes.

(* La cohérence est l’objet d’une unité à part)

Attention !

Il existe un danger dans l’utilisation de ces formes simplifiées et finalement non réelles. On soutient qu’il est bien de rassurer l’apprenant au début d’apprentissage, mais que, par la suite, le recours continu à ce type de texte est à éviter en compréhension. L’expérience avec les syriens a montré que les textes simplifiés et les conversations ou dialogues simulés ne sont pas suffisants pour préparer l’apprenant à comprendre un échange langagier authentique.

Les apprenants eux-mêmes se sont rendus compte de l’écart entre les textes utilisés et les situations authentiques.