3.3. Les autres caractéristiques
La phonétique est aussi un facteur décisif ; le
lien est évident entre l’introduction d’une pratique
phonétique et le développement de la compréhension
orale. Les expériences menées avec les étudiants
syriens (au niveau débutant et intermédiaire) montrent
des difficultés particulières de compréhension
dues en grande partie à la phonétique et de mauvaises
habitudes de prononciation. Ce qui confirme que la pratique de la phonétique
améliore la compréhension orale en favorisant le développement
de l’habileté à segmenter.
(cf l’unité sur la correction phonétique)
3.4. Les difficultés particulières
Chaque langue possède un système de sons, un rythme
et une intonation qui lui sont propres. Il existe un lien étroit
entre ces traits et les difficultés d’écoute ou
d’expression en langue française.
L’apprenant entend et reconnaît des voyelles, des consonnes
et des syllabes, il perçoit les unités phonétiques,
mais il ne les associe pas à du sens. Il lui manque le comportement
linguistique qui permet normalement d’associer des formes sonores,
perçues globalement, à des significations connues.
Qu’est-ce que le rythme dans la parole ? C’est le
fruit d’un groupement de formes sonores auxquelles on donne une
unité qui se manifeste par la mélodie de l’intonation.
L’intonation varie avec la syntaxe, avec l’attitude du
locuteur par rapport à ce qu’il énonce, avec la
situation de communication. L’intonation est très souvent
corrélée de silences, de pauses et de variations de la
vitesse d’élocution, qui sont des moyens utilisés
pour exprimer l’intention.
L’une des spécificités du français réside
dans sa façon tout à fait particulière d’associer
les mots au sein d’un groupe rythmique dont la taille est très
variable, et à utiliser la durée pour marquer la fin
du groupe rythmique.
Propositions :
Il est évident que les mots fréquents, familiers sont
plus faciles à comprendre. Pour cette raison et dans le but
de faciliter la compréhension des énoncés, les
chercheurs ont étudié certaines variables qui pourraient
agir sur le niveau de difficulté d’un texte. Les modifications
peuvent porter, entre autres, sur le vocabulaire, la syntaxe et les
articulateurs.
Ex. répétition de mots, l’existence
de certaines marques linguistiques assurant la cohésion des
phrases*, ou des indices linguistiques qui aident l’apprenant à inférer
le sens du texte qu’il écoute : les préfixes,
les suffixes.
(* La cohérence est l’objet d’une
unité à part)
Attention !
Il existe un danger dans l’utilisation de ces formes simplifiées
et finalement non réelles. On soutient qu’il est bien
de rassurer l’apprenant au début d’apprentissage,
mais que, par la suite, le recours continu à ce type de texte
est à éviter en compréhension. L’expérience
avec les syriens a montré que les textes simplifiés et
les conversations ou dialogues simulés ne sont pas suffisants
pour préparer l’apprenant à comprendre un échange
langagier authentique.
Les apprenants eux-mêmes se sont rendus compte de l’écart
entre les textes utilisés et les situations authentiques.