Une large consultation interne à l'Agence
universitaire de la Francophonie a permis de recueillir un
certain nombre de propositions pour organiser, à la veille
du Sommet de la Francophonie consacré au dialogue des cultures,
un colloque réunissant les cinq réseaux de recherche sur la
langue française : Lexicologie, terminologie et traduction,
Étude du français en francophonie, Sociolinguistique et
dynamique des langues, Ingénierie de la langue, et enfin
le réseau d'Observation du français.
Toutes les réponses sont unanimes sur un point
essentiel : la nécessité de profiter de cette occasion pour
resituer réellement la Francophonie dans le cadre de la
diversité linguistique et culturelle.
Ce positionnement devrait aboutir à
instaurer (ou rétablir ?) un véritable dialogue mettant
un terme définitif à la " guerre des langues " (français
/ langues du Sud en particulier), dont on sait aujourd'hui
que la Francophonie n'a rien à gagner, au contraire.
Deux perspectives thématiques convergentes
semblent ouvertes pour la tenue de ce colloque :
- réfléchir à une meilleure appréhension des rapports entre
français et langues partenaires en élargissant la réflexion
aux domaines linguistique, métalinguistique, culturel,
sémiotique, cognitif, didactique, lexicologique,
sociolinguistique, etc.
- mieux préparer, dans les esprits, mais aussi dans les
faits, l'avènement d'une langue française aux normes
plurielles, à géométrie variable, sans que cette prise
en compte par les États francophones de leur (ou parfois "
leurs ") français conduise pour autant à un appauvrissement.
Pour éviter le risque de se perdre dans les
généralités, la réflexion se centrera sur une question
précise : Quelles normes pour le français ? En effet,
la norme est-elle autre chose qu'un rapport entre un
lieu, une période de l'histoire et un environnement ?
Ce thème est de nature à susciter des
réponses diverses de la part des linguistes, des lexicologues,
des traducteurs, des ingénieurs de la langue, des
sociolinguistes et de tous les observateurs, sur le
terrain, du status et du corpus du français, non seulement
en contact avec les langues partenaires, mais aussi dans
les situations d'enseignement.
À partir de la diversité des approches,
cette journée de réflexion amènera à reconnaître
l'hégémonisme de normes linguistiques centrales qui
mettent encore en échec la diversité au sein de la
francophonie, et par conséquent la nécessaire imagination
de la francophonie non comme un critère d'uniformisation,
mais comme un espace pluriel et même " plural ", un terrain
de rencontre et d'enrichissement des diversités culturelles
et politiques, " une configuration de multiples lieux où les
mémoires en travail partagent des références, rendant ainsi
possible leur dialogue " (Bogumil Jewsiewicki).
Un problème crucial par lequel passe l'avenir du français.
|